Depuis 2020, en France, la restriction de l’accès à une mesure de justice restaurative pour des personnes victimes et autrices, concernées par des violences intrafamiliales peut semblait résiduelle, mais témoigne d’une méconnaissance du cadre légal, déontologique, philosophique de la justice restaurative et d’un mélange des genres encore présent, des différences entre la médiation pénale et la médiation restaurative / dialogue victime – auteur.
Cette opposition relative, est le symptôme de plusieurs phénomènes. D’une part, la loi du 30 juillet 2020, intégrant certains articles de la convention sur la prévention et la lutte contre la violence à l'égard des femmes et la violence domestique dites d’Istanbul, qui vient interdire la mise en œuvre de médiation pénale en matière de violence intrafamiliale, d’autre part la confusion entre ‘médiation pénale’ et médiation restaurative, sans compter l’opposition de certaines associations dites féministes au recours à la justice restaurative et enfin, les nécessaires vigilances lors de la mise en œuvre de mesures de justice restaurative pour ce type de violences.
Jusqu’à l’été 2020, la médiation pénale dans les affaires de violence domestique constituait une pratique couramment utilisée par les juridictions. Cette modalité répondait aux objectifs du ministère de la Justice en matière de gestion efficace des dossiers et de limitation du recours aux procédures judiciaires, tout en mobilisant des ressources humaines limitées.
Cependant, faisant fi de la convention dite ‘d’Istanbul’ pourtant ratifié en 2014, le recours à la médiation pénale pour ce type d’infraction, était pourtant largement décriée par les associations féministes et de protection des personnes victimes de violences infrafamiliales. Ces services et associations arguaient, avec raison, les dangers de telles pratiques, méconnaissant les mécanismes de l’emprise, du contrôle coercitif, le manque de formation spécifiques des professionnels et laissant sans réponse préventive et de protection, nombre de personnes adultes, adolescentes et enfants victimes de ces violences. Dans le sillage de cette loi, la justice restaurative a été rapidement associée à la médiation pénale et une forte remise en question de son application pour ce type de violence, a été mis au jour.